Communiqués du MNM

La France qui tombe : combien de fossoyeurs ?

Un Temps, le filet de sécurité à l'encontre de la critique acerbe, quoique mesurée, de Nicolas Baverez a fait illusion (par exemple en comparant la France d'aujourd'hui avec celle d'il y a 20 ans, comme le fit Alain Duhamel, alors qu'en politique il faut comparer dans le moment historique présent avec les principaux pays de même niveau...).

Et il a suffi que la Roue des évènements tourne, avec fracas, broyant implacablement les fausses idées, pour que se confirme le pronostic baverezien et, de là, s'accroisse la béance : ce n'est plus "La france tombe", ni même " La France a touché le fond", mais : " Après le fond, quoi?" Sinon la Tombe ?

Qui en seront les fossoyeurs ?

A cette question, cruciale, des prétendants s'activent. Cinq pour l'essentiel.

Le premier, à la mode, appelons-le l'anti-islamophobe ou encore l'(inter)national-islamiste -(dâr al Islâm). Autrement dit, tout l'espace doit être à lui, sinon rien. Comment le dévoile-t-on en France ? Par cette chose simple qu'il se prétend Arabe, alors qu'il est plutôt un Berbère arabisé, mixé à de l'Ibéro-Andalou-Israélite un brin Corse et Maltais. Sceptique ? Dirait-on d'un Brésilien qu'il n'est que Portugais ? Pourtant notre arabisé tronquera son histoire complexe, interactionnelle, en donnant sa langue et son âme à son soit- disant vainqueur. Avec la bénédiction d'historiens qui ont aidé à construire l'illusion arabiste.

Sait-il notre anti-islamophobe arabisant, qu'un Berbère marocain, Salih, au VIIIème siècle, de la tribu des Berghawata, "rédigea un nouveau Koran dans sa langue maternelle" nous dit Gabriel Camps (Les Berbères, éditions Errance, 1980, p. 188), ce qui explique peut-être pourquoi après avoir duré trois siècles et avoir été réduit "à coup de sabre" (ibid) cette tentative sonna le glas (jusqu'aux années MCMLXXX) de la langue berbère écrite, pas assez "hallal" au goût de certains...

Et sait-il également que bien avant ses ancêtres étaient issus d'une lignée spirituelle forte de Berbères juifs et chrétiens que les historiens prirent (et prennent encore) pour des Romains (comme le pape Victor 1er, Augustin, Tertullien...) ? Pourtant l'Occident et aujourd'hui le monde, puisent leurs racines vives dans cette Histoire , qui s'interrompit avec l'écroulement de Byzance, la fuite des élites urbaines en Sicile, la politique de razzia des tribus berbères non urbanisées qui trouvèrent alors en l'Islam un message qui les confortait dans leur structure patriarcale.

Sait-il également, notre anti-islamophobe, qu'à cette époque l'Islam apparaissait plutôt comme une hérésie chrétienne de plus (François Decret, Le christianisme en Afrique du Nord ancienne, Seuil, 1996, p.262, Joseph Cuoq, L'Eglise d'Afrique du Nord du IIè au XIIè siècle, Le Centurion, 1984, p. 118) à "l'instar de l'arianisme, du monophysisme ou du donatisme. Un saint Jean Damascène, fonctionnaire chrétien du Califat de Damas et Père de l'Eglise, ne considérait-il pas la religion des nouveaux maîtres de l'Orient comme une hérésie chrétienne ? On comprend mieux, dans ces conditions, que des chrétiens berbères aient passé à l'Islam, à l'exemple de Quasayla, pour avoir la vie sauve ou conserver quelque avantage." précise Cuoq.

Ajoutons qu'il semble bien que l'Islam ne soit pas une continuité de la Bible, ancienne et nouvelle, mais une rupture doublée d'une ré-écriture de l'Histoire Sacrée puisque Abraham et Jésus deviennent seulement des annonciateurs de la "vraie" religion! Jésus étant seulement un prophète ! ce qui est faux bien entendu, mais de cette erreur, s'est confectionnée une volonté de décider de tout y compris à la place des chrétiens et des juifs de ce qu'est leur propre religion!

Les Juifs n'ont jamais eu cette prétention expansionniste, les chrétiens se sont amendés, le Pape vient de demander Pardon des crimes commis au nom du Christ, on s'attendrait dans ce cas qu'au lieu de servir de Cheval de Troie à un Ben Laden qui vient de donner son âme au diable, le berbère islamo-arabisé jusqu'au moindre voile (Latrèche est kabyle dit-on) fasse plutôt amende honorable s'il prétend chercher le pur, or, au lieu de cela, il devient le S.A du second prétendant à l'enterrement de la France : l'(inter) national-islamo-gauchisme. Un Ramadan par exemple.

A ceux qui s'étonnerait d'un tel rapprochement, rappelons que ce moratoiriste notoire, tendance lapidation-non-applicable, fait la leçon à longueur de colonnes à "la" gauche, fort de ses connaissances sans faille en économie, en relations internationales, en sociologie, puisqu'en tant que professeur d'islamologie, il peut, à l'instar des professeurs émérites en marxisme léninisme, dire n'importe quoi sur tout et son contraire, avec la bénédiction du troisième prétendant, le néo-islamo-gauchiste.

Celui-ci est en effet ravi. Enfin ! Fini l'errance ! Voici la doctrine de remplacement pour combattre l'américano-sionisme, avatar politiquement correct du capitalisme apatride juif, ou comment oeuvrer pour une société qui sortirait de la modernité (comme le voulait Marx au fond) en brisant la ville, le développement, tout en accusant "la" droite, "la" gauche de "casser" le service public alors que celui-ci meurt, d'étouffement, sans aucune ouverture pour respirer. Et ce n'est pas le quatrième prétendant, l'affairiste national-étatiste qui lèvera le petit doigt pour l'aérer.

Qu'on en juge : une grenouille du nom de C se veut plus grosse qu'un boeuf du haut de la tribune onuséenne, bien entendu elle se dégonfle, mais elle ne s'en aperçoit pas, un peu comme ce chevalier dans les Monty Python qui continue à batailler au fur et à mesure qu'il devient cul de jatte.

Mais, scrogneugneu, vous allez voir ce que vous allez voir, non seulement les Polonais et les Espagnols, (et 19 autres sur 25), on les somme de "se taire", (tout en évitant également qu'ils disent du mal du Premier ministre malaisien), mais je vais vous en donner moa (croa) du multilatéral, avec la Chine, eh oui !tant et si bien que le N°1 (vous êtes le N°6) fait la moue devant les Airbus, achète peu, pendant que Taïwan, que l'on s'est empressé de vexer pour bien démontrer que la multilatérité s'arrête à la Muraille de Chine, réclame son dû, que l'on est bien incapable de rembourser tant la croissance est en panne alors qu'elle démarre partout ou presque sauf en France !

A cela le cinquième prétendant, le national-souverainiste, répond doctement qu'il suffirait de remplacer les immigrés par des français de "souche" et voili! suffit de faire "bloc", tout en coupant les budgets sociaux, démontrant, comme à Toulon et ailleurs, en quoi les redresseurs de torses façon plutôt Berlin que le Front Populaire, n'ont toujours pas compris pourquoi la gauche domine intellectuellement, même si la droite vient de temps en temps, éponger les dettes.

Pourquoi, depuis Louis XIV et Versailles, la France qui savait unifier tous les Corps et les Ordres, s'est seulement évertuée à jouer à colin maillard et à confectionner des serrures rigolotes, puis, à copier Alexandre quand l'époque du "don de la brioche au peuple" fut dépassée, pendant que l'Angleterre s'activait à répandre son industrie et sa langue ? Certes, il est possible de réfuter cette simplification pour une dentelle supérieure. Mais cela n'élèvera rien au fait que Montcalm et Dupleix eurent beau appeler à l'aide, les caisses étaient vidées pour faire plaisir à la Cour.

Or, ne sommes-nous pas dans cette situation où l'on voit tant d'intérêts se liguer pour que rien ne bouge, ne comprenant pas que la recherche irait mieux si des synergies public-privé étaient possibles dans le cadre d'universités indépendantes à même par un cahier des charges de satisfaire à la fois la déontologie, les bourses pour les plus démunis, et la formation à distance pour moderniser et basculer dans l'économie des réseaux ?

Ne voit-on pas que la Sécurité Sociale irait bien mieux si, à l'instar de France Télécom et demain de la SNCF et de EDF-GDF, on permettait à la concurrence de moderniser l'offre et donc baisser les prix, au lieu de satisfaire uniquement les nouveaux propriétaires sans le dire, les aristo-poujadistes voilant leurs intérêts en sautant comme des cabris avec les mots "peuple", "inégalités sociales", "service public" alors qu'ils sont les premiers à faire la courte échelle aux aventuriers de tout poil, heureux de (se) servir (d')une bonne couverture, comme du Crédit Lyonnais, pour jeter l'argent par les fenêtres. La Cour des Comptes puis les tribunaux indiquant 20 ans après que le collier de la reine était... en toc !

Cinq fossoyeurs et un enterrement.

Lucien-Samir Oulahbib, membre du Mouvement Néo-Moderne.

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